1 Voodookora

Comment Reussir La Dissertation Philosophique Exemple

Sommaire de l'article

Le cas d’une dissertation rédigée et corrigée

La dissertation en philosophie est un exercice difficile car elle suppose la maîtrise d’une méthode et d’une structure déterminée.

Nous vous donnons donc un exemple de dissertation rédigée et corrigée par un professeur, tant d’un point de vue méthodologique (forme) qu’éditorial (fond).

Nous avons volontairement choisi un sujet de dissertation très classique en terminale philo : “La liberté est-elle une illusion ?” (fréquent pour les terminales littéraires)

[Téléchargez l’application La-Philosophie sur Google Play]

La liberté est-elle une illusion ?

Travail préparatoire

A) L’analyse des termes du sujet :

1) La liberté : Il s’agit de toujours partir de la conception spontanée, immédiate que l’on se fait de la liberté, celle de l’ « homme de la rue » qu’aurait pu interroger Socrate. Ainsi, la liberté, c’est « faire ce que l’on veut », elle correspond, semble-t-il à la toute-puissance de la volonté de chacun. Spontanément, tout individu se sent libre dès lors qu’il peut accomplir tous ses désirs, toutes ses envies.

Or l’expérience ordinaire de la vie montre aussi, paradoxalement, l’être humain soumis à de nombreuses contraintes à la fois externes (physiques, sociales, politiques) et internes (instincts, habitudes, passions) qui pèsent sur sa liberté et qu’il lui est difficile voire impossible de surmonter totalement de sa propre initiative. Dès lors, le sentiment de liberté ne serait-il qu’illusoire ?

2) l’illusion : Il s’agit de saisir l’importance de ce terme à distinguer de l’erreur. L’illusion procède certes de l’erreur en ce qu’elle trompe l’individu, mais elle procède également de la mystification. Qu’est-ce à dire ? Tout individu est responsable de ses erreurs et dispose du pouvoir de les corriger. En revanche, dans l’illusion, qui peut être à la fois individuelle et collective, nous serions victimes d’une puissance trompeuse impossible à vaincre.

La question qui s’impose est donc la suivante : Quel type de désir proprement humain se trouve à la racine d’une illusion ? Ou bien quel besoin l’homme cherche-t-il à satisfaire dans la pérennité d’une illusion ?

B) Repérer les notions du programme en jeu dans le sujet : la liberté, la conscience et l’inconscient, le désir.

C) Problématiser le sujet : Si tout individu éprouve un sentiment immédiat de liberté, cette conviction renvoie-t-elle à une croyance illusoire ou à une véritable connaissance de soi ? L’objectif consistera donc à faire la part de ce qui relève d’une liberté réelle, repérable, de ce qui relève d’un désir infondé de liberté, dans un souci de lucidité et de vérité.

D) Mobiliser des références utilisables :

– Platon, dans le Gorgias, dénonce la confusion commune entre la liberté du sage et la réalisation impulsive de tous ses désirs.

– Descartes, dans La Méditation quatrième, donne une définition du libre arbitre qui apparente l’homme à Dieu.

– Spinoza, dans L’Ethique,  montre que la conscience d’exister n’implique pas nécessairement la liberté humaine.

E) Elaboration du plan : elle doit obéir à la règle du « plus proche au plus lointain », c’est-à-dire aller de l’explicite à l’implicite, du plus évident au moins évident.

Exemple de plan possible :

I) La liberté est un sentiment immédiat : la thèse du libre arbitre

II) La critique déterministe du libre arbitre

III) La liberté est à conquérir : de la libération à la quête d’autonomie

Introduction à la dissertation

1) Amorce : Il nous faut partir de ce constat de départ que le sentiment commun et immédiat éprouvé par tout homme est de se sentir libre : en effet, chaque homme peut faire l’expérience, du moins intérieure, d’une liberté de penser et d’agir, indépendamment de toute contrainte extérieure. Cette conviction intérieure est donc profondément ancrée en chacun de nous.

2) Annonce du sujet et problématisation : Cependant, la liberté ne serait-elle pas une illusion ? Ou pour le dire autrement, le fait de se sentir libre n’est-il pas susceptible de ne renvoyer qu’à une croyance illusoire ? Le sentiment immédiat de notre liberté est-il vrai, c’est-à-dire renvoie-t-il à une véritable connaissance de soi-même ?

3) Annonce du plan d’étude : elle doit être suffisamment explicite sans en dire trop, sans être trop « lourde » : Nous tenterons, tout d’abord, d’évaluer la pertinence et les limites du sentiment spontané de liberté, commun à tous les hommes. Puis nous tâcherons de montrer que cette expérience immédiate du libre arbitre est susceptible de camoufler à l’homme une méconnaissance de lui-même. Enfin, une nouvelle tâche se dressera face à nous : la nécessité de reconstruire une nouvelle approche de la liberté humaine, si tant est qu’elle soit possible.

Développement de la dissertation : 1ère partie

I) Le sentiment immédiat de notre liberté : la théorie du libre arbitre

a) Tout homme se juge spontanément libre

Dans le langage courant, la liberté renvoie au pouvoir que possède tout homme de n’obéir qu’à lui-même, qu’à sa propre volonté, et d’agir uniquement en fonction de ses désirs, indépendamment de toute contrainte ou de toute pression extérieure.

Tout homme se sent donc spontanément libre, tout simplement parce qu’il se croit capable de faire des choix de petite ou de grande importance, de prendre des décisions, de petite ou de grande ampleur.

Autrement dit, tout homme, lorsqu’il porte un regard réflexif  sur lui-même, se juge spontanément libre, c’est-à-dire en mesure d’agir simplement en fonction de sa volonté.

La plupart des philosophes qui se sont prononcés en faveur de la liberté humaine, en faveur de l’existence du libre arbitre, ont accordé une grande valeur à l’expérience intime, immédiate que nous aurions, selon eux, de notre liberté : « La liberté de notre volonté, écrit Descartes (Principes de la Philosophie, I, art.39), se connaît sans preuve par la seule expérience que nous en avons ».

Transition : Faire le point et formuler une ou plusieurs questions permettant de poursuivre la réflexion : La liberté correspondrait donc à un sentiment intérieur, à une expérience immédiate en chaque homme. Or peut-on se contenter de cette expérience immédiate ou pour reprendre la formulation de Bergson, de cette « donnée immédiate de la conscience » ? Autrement dit, peut-on se contenter du  sentiment de notre liberté pour en déduire son existence certaine ? Est-il donc possible de faire une expérience de notre liberté qui puisse justifier ce sentiment ?

b) Peut-on prouver l’existence du libre arbitre ?

1) Première tentative de preuve : l’expérience de l’âne de Buridan et la mise à jour de la « liberté d’indifférence »

Jean Buridan, philosophe français du quatorzième siècle, aurait, selon la légende, conçu une expérience imaginaire afin de prouver l’existence du libre arbitre : la situation serait celle d’un animal, en l’occurrence un âne, ayant également faim et soif, et qui, placé à égale distance d’une botte de foin et d’un seau d’eau, hésite, se montre incapable de choisir, et finalement se laisse mourir.

Ce « protocole expérimental métaphysique » aurait donc pour objectif de prouver l’existence de la « liberté d’indifférence » proprement humaine. En effet, nous avons tous déjà vécu une situation où les mobiles ou motifs en faveur d’un acte ou d’un autre étaient si équivalents, ou aussi contraignants l’un que l’autre, que nous nous sommes retrouvés incapables de faire un choix.

En effet, que se passe-t-il lorsqu’un individu se retrouve face à deux possibilités aussi équivalentes l’une que l’autre, lorsque rien ne puisse permettre de déterminer son choix ? Or ce qui permet à l’homme d’échapper à la situation absurde de l’âne mourant de faim et de soif entre une botte de foin et un seau d’eau, c’est qu’il dispose de cette liberté d’indifférence, c’est-à-dire de cette liberté par laquelle notre volonté a le pouvoir de choisir spontanément et de sa propre initiative.

Cette situation d’indifférence du choix prouve donc que l’homme est doté d’un libre arbitre, c’est-à-dire d’une capacité de choisir pouvant échapper à tout déterminisme. Pour Descartes, cette liberté d’indifférence, bien que considérée comme « le plus bas degré de la liberté », témoigne en même temps d’un pur libre arbitre qui apparente l’homme à Dieu (Méditation quatrième).

2) Seconde tentative de preuve du libre arbitre : le crime de Lafcadio dans Les Caves duVatican d’André Gide

André Gide, dans Les Caves du Vatican, cherche à illustrer la possibilité pour un être humain de réaliser un acte gratuit, c’est-à-dire un acte accompli sans raison, par le seul effet de sa liberté.

Dans le roman, le « héro » Lafcadio se rend à Rome par le train et se retrouve seul dans la nuit, ne partageant son compartiment qu’avec un vieux monsieur. Lafcadio se prend alors d’une idée folle : « Là sous ma main, la poignée. Il suffirait de la tirer et de le pousser en avant. On n’entendrait même pas un cri dans la nuit. Qui le verrait…Un crime immotivé, quel embarras pour la police ».

Lafcadio se dit en effet, et à juste titre, que s’il n’a pas de mobiles pour réaliser ce crime, il n’a donc pas de motivations. Le lien entre l’acteur et l’acte commis est inexistant. Lafcadio prend d’ailleurs un soin tout particulier à renforcer la gratuité de son crime : il remet tout au hasard et se met à compter pour soumettre sa décision de passer à l’acte ou de ne pas passer à l’acte à l’apparition d’un feu dans la nuit. Or le hasard, c’est précisément ce qui est fortuit, c’est-à-dire dépourvu de toute intention consciente, donc de motivation intrinsèque… Et le crime a lieu.

3) Peut-on dire que l’acte de Lafcadio est un acte gratuit ?

Le mérite du roman d’André Gide est d’aborder la question suivante : Un acte gratuit est-il possible ? Or deux critiques permettent d’être avancées pour remettre en cause cette possibilité :

La première critique consistera à remarquer que Lafcadio  fait reposer son passage à l’acte sur des signes extérieurs, en l’occurrence l’apparition ou la non apparition d’un feu dans la campagne. Son acte serait donc déterminé par une extériorité.

La seconde critique consistera à remarquer que l’absence de motivations dans l’acte de Lafcadio est tout sauf évidente : l’une de ses premières motivations ne serait-elle pas le désir même de se prouver à lui-même sa liberté ? Si bien qu’il est tout-à fait envisageable de soupçonner Lafcadio de prendre pour une absence de motifs ce qui ne serait au fond qu’une ignorance profonde des motifs de son acte.

L’ « acte gratuit » est donc une notion philosophiquement problématique : la volonté de prouver sa liberté par un acte supposé sans mobile constitue, par elle-même, un mobile.

Transition : Une nouvelle question se pose dès lors : le sentiment de liberté ou la volonté de réaliser un acte non déterminé ne seraient-ils pas qu’une croyance ? Ne semble-t-il pas que ce ne soit que de façon illusoire et superficielle que je fasse l’ « expérience » de ma liberté, par ignorance des déterminations qui sont pourtant en jeu ?

Développement de la dissertation : 2ème partie

II) La critique déterministe du libre arbitre

a) L’illusion anthropocentrique du libre arbitre : « L’homme n’est pas un empire dans un empire » (Spinoza)

Le projet philosophique de B.Spinoza, dans le sillage des travaux scientifiques de Laplace, est de dénoncer les illusions du libre arbitre.

C’est ainsi que dans la troisième partie de l’Ethique, dans la section intitulée De l’origine et de la nature des affections, Spinoza rejette totalement l’idée selon laquelle l’homme occuperait une place privilégiée au sein de la nature.

Spinoza critique notamment Descartes qui conçoit l’homme comme «un empire dans unempire », ainsi que tous les philosophes qui croient que « l’homme trouble l’ordre de la Nature plutôt qu’il ne le suit, qu’il a sur ses propres actions un pouvoir absolu et ne tire que de lui-même sa détermination ».

Or l’objectif de Spinoza est bel et bien de montrer que l’homme suit les lois communes de laNature, comme toutes les choses de ce monde.

b) L’illusion humaine de la liberté

C’est dans sa lettre à Schuller, extraite de sa Correspondance, que Spinoza dénonce l’illusiondu libre arbitre. Il défend ainsi une position philosophique déterministe suivant laquelle tous les événements sont absolument nécessaires et le sentiment que nous avons d’être libres ne serait qu’une illusion naturelle :

« Telle est cette liberté humaine que tous les hommes sevantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent ».

Et Spinoza d’ajouter un peu plus loin : « Et comme ce préjugé est inné en tous les hommes, ils ne s’en libèrent pas facilement ».

Cette illusion naturelle de l’homme a donc deux causes d’après Spinoza qui justifient que l’homme s’illusionne et qu’il ne fasse pas seulement erreur. Premièrement, la source de l’illusion humaine du libre arbitre est l’ignorance des causes qui nous poussent à agir. Or à prendre les choses rigoureusement, l’homme est tout aussi déterminé à se mouvoir sous l’influence de causes externes qu’une pierre qui reçoit une impulsion. Les hommes se croient libres alors qu’ils sont contraints ou déterminés par leur nature. Deuxièmement, Spinoza précise bien que les hommes « se vantent » d’être libre car le désir d’être libre, même illusoire, est beaucoup plus valorisant pour l’orgueil humain que l’idée d’être totalement déterminé.

c) La liberté désigne alors la nécessité bien comprise

C’est ainsi que Spinoza ne fait pas consister la liberté, dans la lettre à Schuller, dans un libre décret mais dans une libre nécessité ou dans la nécessité bien comprise : « j’appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ».

Tout comme les comportements des animaux sont déterminés par l’instinct, leur environnement ou des déterminations biologiques, les actes et les pensées des hommes le sont eux-mêmes par de multiples facteurs à la fois internes et externes dont on ignore le plus souvent l’existence et la puissance : facteurs d’origine physiologiques, psychologiques, sociales, etc.

Dès lors, l’un des apports essentiels de la critique spinoziste du libre arbitre est de montrer que la croyance en l’existence du libre arbitre est la source d’aliénation de l’homme. En effet, selon Spinoza, non seulement l’homme est déterminé mais cette illusion naturelle du libre arbitre nous déterminent à ne pas savoir que nous sommes déterminés, et ainsi à l’être d’autant plus sûrement. Or il n’y a pas pire esclave que celui qui se croit libre.

Transition : Il nous faut donc tirer les enseignements de la critique spinoziste du libre arbitre et reconnaîtreque l’idée d’une liberté spontanée ou d’un sentiment immédiat de liberté n’est plus tenable. Est-il dès lors possible de reconstruire une approche de la liberté qui soit accessible à l’homme ?

Développement de la dissertation ; 3ème et dernière partie

III) La liberté est à conquérir : de la libération à la quête d’autonomie

a) Être libre, c’est apprendre à se libérer des passions

Platon, dans le Gorgias, pose la question suivante : est-ce la vie de l’homme aux désirs insatiables ou celle guidée par la raison qui est la meilleure ? Dans ce dialogue qui met aux prises Socrate et Calliclès, ce dernier défend le droit au désir, comme un droit à être puissant, autrement dit à être capable de mettre les forces de son énergie et de son intelligence au service des passions, pour leur donner la plus grande ampleur possible.

C’est ainsi que Calliclès préfère les « tonneaux qui fuient » puisque « ce qui fait l’agrément de la vie, c’est de verser le plus possible ». En revanche, Socrate choisit la vie ordonnée, celle où les tonneaux du sage « seraient en bon état ».

Platon cherche ainsi à montrer, dans ce dialogue, l’illusion dans laquelle se trouvent les hommes comme Calliclès, qui croient qu’être libre consiste à faire ce que l’on veut, c’est-à-dire à réaliser tous ses désirs. Or une telle vie, guidée par des désirs multiples, polymorphes et surtout infinis, mène nécessairement au tourment et au malheur. En effet, le risque pour un homme comme Calliclès décidant de mener une vie intempérante et désordonnée est de devenir l’esclave de ses propres passions et désirs.

A cette vie désordonnée, Platon oppose une vie guidée par la raison, incarnée par la sagessesocratique. Socrate incarne, en effet, le sage qui sait distinguer entre les désirs à poursuivre ou à ne pas poursuivre, qui sait se gouverner lui-même et qui est en mesure d’accéder à une véritable autonomie de la volonté.

b) Être libre, c’est être responsable de ses actes

Par conséquent, l’entrée dans la liberté authentique, par opposition avec la liberté illusoire des désirs infinis, c’est l’entrée dans une véritable autonomie et c’est pouvoir devenir responsable de ses actes et pouvoir en répondre.

L’enjeu de l’entrée dans la liberté authentique est donc celui du rapport à soi-même et à autrui. La liberté entre alors dans le champ de la réflexion morale, sociale et politique. C’est ainsi qu’au sens moral et juridique, être libre, c’est pouvoir être reconnu autonome et responsable de ses actes, de ses choix, à la fois devant soi-même et devant la société à laquelle on appartient.

En conséquence, si la liberté est illusoire ou inaccessible, il semble que c’en soit fini de la responsabilité morale et juridique de tout individu, et par là même de la justice. Le fait que nous nous sentions, à tort ou à raison libre, exige donc que l’on agisse comme si on était effectivement libre.

c) La liberté comme condition de l’acte éthique

C’est ainsi que dans la première note de la préface à la Critique de la raison pratique, Kant affirme que la liberté est la condition de possibilité et l’essence  (la ratio essendi) de la vie morale de l’homme, comme la vie morale de l’homme est ce par quoi l’homme connaît laréalité de sa liberté (elle en est la ratio cognoscendi). Et Kant ajoute pour préciser : « (…) si la loi morale n’était pas d’abord clairement conçue dans notre raison, nous ne nous croirions jamais autorisés à admettre une chose telle que la liberté (…). En revanche, s’il n’y avait pas de liberté, la loi morale ne saurait nullement être rencontrée en nous ».

Ainsi, pour Kant, pour que l’homme soit moral, il faut qu’il soit libre, car s’il était forcé par une nature intelligible à la bonté, à la justice et à l’altruisme, il ne serait qu’un automate spirituel et s’il était forcé par sa nature sensible à l’égoïsme, il ne serait qu’un mécanisme matériel.

Conclusion de de notre exemple sur la dissertation philosophique

1) Faire le bilan de la démarche poursuivie dans le devoir : La liberté humaine est-elle donc possible ? Nous avons pu comprendre, tout au long de notre travail, la difficulté qui existe à pouvoir saisir une véritable « expérience » de la liberté et, par conséquent, la difficulté à en prouver véritablement l’existence.

2) Répondre à la question initiale : La liberté est-elle une illusion ? Notre travail a, en tout cas, cherché à démontrer que si la croyance en une liberté immédiate était illusoire, voire naïve, la critique spinoziste nous a permis d’accéder à une approche de la liberté qui puisse permettre d’en préserver l’espoir : en effet, si l’homme n’est pas libre, il lui est, en revanche, donné d’entrer dans un processus, dans une conquête assimilable à une libération par l’usage de la raison et par son entrée dans la morale et la vie sociale.

3) Si possible, proposer une ouverture à une nouvelle réflexion : Comment penser les conséquences d’une authentique libération de l’homme dans ses interactions morales, sociales et politiques ?

Vincent Boyer, professeur de philosophie à Paris.

Version PDF de la dissertation corrigée.

Note aux élèves : Ce dissertation vous est donnée à titre d’exemple et à titre gratuit. La copier-coller pour un devoir demandé par votre professeur ne vous aidera pas à obtenir une bonne note au bac philo. De plus, les professeurs sont équipés de logiciels permettant de déceler les copier-coller. Vous seriez donc doublement puni …

Vous pouvez nous envoyer votre demande d’aide (gratuite) via le formulaire ci-dessous :

Pour aller plus loin sur le bac philosophie :

Méthode de la dissertation philosophique

Le Commentaire de Philosophie

Article du Monde sur la dissertation

Ladbrokes promo code 2018

Aide à la dissertation de Philosophie

YOU’RE ON THE HIIIIIGHWAAAAY TO LE BAC , et on a une bonne nouvelle pour toi : tu ne vas en faire qu’une bouchée de pain !

Retrouve nos astuces et nos conseils pour aborder ce marathon de révisions et d’épreuves dans la confiance et la mo-ti-va-tion !

Rendez-vous en live mercredi 31 mai à 21h pour parler méthodes de révision !

— Publié initialement le 15 juin 2014

Mon amie, ma soeur lycéenne, je compte bien t’offrir du rêve à seulement quelques jours du bac 2017 et te donner de précieux conseils pour tout déchirer.

— T’es bien sympa Mircéa mais 20/20 t’exagères un peu quand même, en plus ça dépend du prof genre le mien il m’aime trop paaas pffff…

— Mon petit canari, j’ai eu moi-même fut un temps de plus en plus lointain 19 au bac philo et je compte bien faire en sorte que l’élève dépasse le maître. En fait je veux que vous pétiez tellement les statistiques du bac qu’on doive vous faire repasser l’épreuve par peur de tricherie générale.

— Me voilà totalement en confiance, que proposes-tu ?

— La liste des trucs et astuces que tes profs ne te diront jamais car ça gâche la magie de l’aaart subtiiil de la philosophiiiiie…
Tu veux dire des techniques de rédaction qui servent à avoir l’air intelligent même si on n’y connaît rien ?

— Tu as tout compris mon petit colibri, on va apprendre à faire une dissertation même dans les cas les plus désespérés.

Au Vème avant J-C, tu dois commencer à le savoir après un an d’études studieuses, Socrate invente, ou popularise, la maïeutique, probablement faute de streaming sur Internet pour s’occuper.

Bac de philo 2017 — La naissance de la maïeutique

La maïeutique, c’est l’art « d’accoucher les esprits », c’est-à-dire de poser tout un tas de question pour retourner le cerveau de l’adversaire qui pensait pouvoir vivre toute sa vie dans ses petites idées reçues de pécore moyen ou continuer à se faire de la thune sur le dos de plus bêtes que lui — aka, les sophistes.

Naissent de grandes interrogations qui attendent à ce jour toujours une réponse : qu’est-ce que le Beau ? Qu’est-ce qui est Moral ? Qu’est-ce qu’une bonne politique ?

Je te dis ça pour te décomplexer : il n’existe pas et il n’existera jamais, JAMAIS, de réponse toute faite en philosophie, autrement dit, de bonne réponse.

Ça fait 2500 ans qu’on les cherche alors tu penses bien si elles existaient… Il n’existe que des arguments au service de thèses (aka la pensée que tu/le philosophe comptes défendre), d’arguments plus ou moins réussis.

Ça veut aussi dire quelque chose de proprement génial : tu es déjà philosophe. Tu n’as aucun complexe intellectuel à avoir par rapport aux grands penseurs qui partaient du même matériel que toi au départ : du temps de cerveau disponible pour se poser des questions.

Bac de philo 2017 — Point de complexe d’infériorité

Ça veut dire aussi que tu n’as pas à perdre ton temps à inventer de grandes théories révolutionnaires pour impressionner ton examinateur. Il existe un dicton bien connu des étudiants débutants de philo : si personne n’a jamais eu la même idée que toi, c’est sûrement qu’elle est nulle. Alors joue-la relax et modeste à la fois et tout se passera bien.

On se détend.

Puisqu’on est d’accord sur le fait qu’il ne s’agit pas d’être un génie, comment malgré tout s’assurer une note qui défonce ?

En arrêtant de croire que la philosophie, parce qu’il s’agit d’une matière littéraire, nécessite de savoir écrire des pages et des pages avec des envolées lyriques et inspirées. Tout en plaçant évidemment trois références à quatre philosophes différents toutes les cinq lignes.

À lire aussi : Que faire après une terminale littéraire ?

Bac de philo 2017 — Quelques conseils de base pour démarrer

Je vais te dire ce que ton correcteur attend de toi et que tu possèdes déjà sans même avoir à travailler :

  • De l’intérêt pour le sujet et la matière

Le sujet est chiant ? Ce n’est pas au sujet de t’inspirer, c’est à toi d’inspirer le sujet. À toi de le rendre intéressant.

Pendant 4 fichues petites heures de ta vie, comporte-toi comme si cette question était LA question, celle là même qui allait être DÉCISIVE POUR LE RESTANT DE TES JOUUUUURS.

Ça veut dire, si tu es concerné•e, que pendant quelques heures tu devras mettre de côté tes tics d’ado-blasée-mais-qui-en-fait-doute-d’elle-même-et-donc-se-saborde, pour avoir l’air de quelqu’un de passionné par la philosophie.

Pas douée, pas géniale : passionnée. C’est un état d’esprit qui ne demande aucune connaissance préalable.

En matière de sources, en terminale, tu as un panel plutôt large ! Tu peux parfaitement citer un film si tu sais qu’il fait partie des « classiques » ou qu’il a reçu une Palme au Festival de Cannes.

En général sers-toi de tes passions : tu vas au théâtre ? Utilise des références théâtrales, qu’il s’agisse de mise en scène ou de texte ! Tu peux parfaitement dire « Dans la pièce Petit Poney, le metteur en scène Mr Duchmol a choisi la couleur rose pour symboliser l’enfance ».

Si tu maîtrises mieux les tenants et aboutissants philosophiques d’Hunger Games, c’est possible aussi d’en faire une référence !

  • Recycle les connaissances d’histoire et de littérature que tu as acquises au lycée.

Je sais ce que tu penses. Comme beaucoup tu te dévalorises « je connais rien », « de toute façon je lis jamais » etc… FAUX !

Il faut juste que tu regardes ton quotidien d’un oeil neuf, d’un oeil philosophique. Dans quelques années, on pourra parfaitement parler de séries télé dans des disserts — des livres très sérieux le font déjà.

En attendant, cette pièce de Molière que tu as lu en 5ème et que tu as adoré, ces contes et ces fables de la Fontaine que tu connais sans même te souvenir d’où, tout ça c’est ton bagage culturel. Voilà des lignes et des lignes potentielles de dissert’ qui ne t’auront pas pris cinq minutes de révision.

Tout ça pour quoi ? Pour l’originalité pardi !

Si dans ta dissertation, la référence à Hitler te bouffe les doigts, remplace par Staline ou Mussolini, en général ça marche pareil et tu évites la millième référence au nazisme que ton correcteur aura vu dans la journée. Avec un Pol Pot c’est la mention assurée.

Toutes ces références vont être le piment de ta copie, sa personnalité.

Encore une fois mets-toi dans la peau de ton correcteur qui aura lu 100 copies en quelques jours. Crois moi, au bout du 45ème « le mal, c’est le contraire du bien, c’est pas gentil » il aura déjà des vues chelou sur son balcon…

En dissertation, n’aie pas peur de chercher à provoquer la curiosité de ton lecteur, il ne cherche pas à ce que la vérité à des questions vieilles de plusieurs siècles tombe de ta copie par l’opération du Saint Esprit !

Profites-en pour ne pas te mettre la pression et tenter des choses : pose des questions par exemple, même pour critiquer un grand auteur « Mais peut on réellement dire avec Descartes que les animaux sont des machines ? ».

Tente d’aller à l’inverse des idées banales : « Le mal n’est pas forcément le contraire du Bien, c’est peut être aussi son absence/c’est peut être utile/c’est peut être nécessaire ».

Attention, audace ne veut pas dire stupidité et là j’en appelle à ton humilité : les provocations gratuites du type « Fuck l’État et la police » on appelle pas ça un argument, on appelle ça un tag de trousse au tipex et c’est très laid.

À ce stade de l’article tu as déjà pris conscience de deux choses :

  1. Tu es déjà un•e philosophe
  2. Tu es un•e philosophe qui en veut.

J’aime cette mentalité de Rocky de l’Esprit, donc on va continuer avec l’exercice de la rédaction proprement dite.

Bac de philo 2017 — Une bonne intro

En introduction comme on te l’a appris, et tu me feras le plaisir de respecter chacune de ces étapes scrupuleusement, ça se passe comme ça :

Elle te stresse ? Laisse un peu de place et reviens y plus tard. Au pire on s’en fout, c’est juste pour faire joli. En général une petite contextualisation avec un exemple pratique (pas d’actualité trop récente) ça passe bien.

  • La définition des termes du sujet

DÉFINIS. MOI. CES. PUTAINS. DE TERMES. Des définitions que tu inventes selon ton expérience de la vie de tout les jours ça marche, pas besoin de lire le Robert, avec des proverbes par exemple c’est carrément cool.

Et j’exiiiiiige que tu prennes en compte TOUS les mots. TOUS. Même les petits. Par exemple ton sujet c’est : « la liberté ». Tu vas définir le terme liberté. Tu DOIS aussi traiter le petit « la » de rien du tout. Dire que c’est un singulier, et que c’est bizarre parce qu’on aurait pu dire « Les libertés » après tout.

Les « le », les « de », les virgules et les « et » doivent obligatoirement passés sous ton regard d’aigle. « Liberté et travail », ce n’est pas pareil que « Liberté ou travail », qui impose de faire un choix entre les deux concepts.

La définition des termes de sujet ne sert pas à faire jolie, elle. Elle sert à mettre en évidence un problème dans ton sujet. Un truc qui cloche. Un truc qui marche pas bien.

La problématique est là pour montrer que tu as vu le piège du sujet et qu’on ne te la fera pas.

Exemple classique : « Le travail rend-t-il libre ? ». Tu définis le travail. Si tu es sage tu as bien appris que travail vient de tripallium, un outil de torture romain. Tu définis la liberté. Et là PAF, problème ! Comment est-ce que quelque chose qui fait souffrir, une contrainte qu’on nous inflige, pourrait rendre libre ? Tu as mis le doigt sur ta problématique.

Je précise dès à présent qu’il existe toujours plusieurs problématiques possibles et qu’elles dépendent de ta sensibilité au sujet.

C’est là qu’intervient la passion : qu’est-ce qui à toi te semble assez intéressant pour te faire chier à en parler quatre heures et surtout, surtout, pour que quelqu’un veuille bien te lire sur deux copies doubles à ce sujet ?

À ce moment de l’épreuve, environ 30 minutes se sont déjà écoulées. Tu respires un coup et tu t’arrêtes : c’est l’heure de penser à ton plan.

Bac de philo 2017 — Le bon plan pour le bon développement

Une fois que tu l’auras préparé au brouillon (ça te prendra une bonne demi-heure supplémentaire, voire plus), à ce MOMENT-LÀ SEULEMENT, tu pourras commencer à rédiger en n’oubliant pas l’annonce de plan dans l’intro. Ne pars pas en live avec ta plume à l’aventure : tu vas te vautrer.

En général en France on aime les plans en trois parties, pourquoi ? Parce que ça permet de donner une idée, de montrer ce qui ne va pas avec elle, de la corriger. Pourquoi ? Pour plus de vérité pardi ! On fait pas de la philosophie pour gagner de l’argent, ça se saurait.

À partir de maintenant, je te donne une technique qui marche plutôt bien, surtout si le sujet ne t’inspire pas, mais elle n’a évidemment rien d’obligatoire !

En première partie tu vas donner l’opinion de Monsieur Tout-le-Monde sur la question. Le truc le plus évident.

« Le mal peut-il être nécessaire ? » — partie 1 : olala non, c’est très vilain le mal !

En deuxième partie tu vas bien montrer à Monsieur Tout-le-Monde pourquoi il a tort, pourquoi c’était trop évident, et pourquoi s’il s’était penché 4 secondes sur la question, comme tu es justement en train de le faire, il s’en serait rendu compte.

Partie 2 : oui mais la nécessité, c’est ce que je ne choisis pas, alors que le mal, je le choisis.

En troisième partie maintenant que tu t’es débarrassé•e de toutes ces odieuses croyances erronées, tu vas pouvoir donner TA solution à TA problématique. Et pas trouver the théorie de la mort qui tue.

En général un truc utile, c’est de reprendre les termes du sujet et de les redéfinir pour montrer pourquoi tu t’étais planté•e la première fois.

Partie 3 : en fait la nécessité n’existe pas, nous pouvons toujours choisir de ne pas faire la mal, on se donne juste des excuses en appelant ça nécessité.

Voilà pour l’architecture générale de ta dissertation.

Tu remarqueras que pour l’instant je n’ai pas une seule fois fait mention de philosophe ou de théorie ou de concept philosophique. Ils arrivent maintenant.

En effet dans chaque partie tu dois faire, idéalement, trois sous-parties.Chaque sous-partie doit être un argument en lien avec le titre de ta grande partie, doivent l’expliquer, d’où l’importance de faire un plan au brouillon.

Chacun de ces arguments se constitue de trois étapes : premièrement tu expliques ton argument, en des termes clairs et précis — pas besoin de tourner autour du pot pour faire des lignes, le correcteur s’en rendra compte.

Ensuite tu donnes un exemple. Il peut être philosophique ou tiré de tes cours (« Comme Socrate le disait… »), mais également tiré de ta propre culture générale.

Finalement tu expliques en quoi ton exemple permet de mieux comprendre ton argument.

ET C’EST TOUT.

Le but c’est de respecter scrupuleusement ce plan pour que le correcteur ne se perde jamais dans ta copie, de faire preuve de rigueur pour donner l’impression que tu maîtrises ton sujet, que tu n’es pas paniqué•e mais qu’au contraire tu sais parfaitement où tu vas.

Bac de philo 2017 — Pas besoin de sortir 12 000 références

Tu sais combien de philosophes j’ai cité le jour du bac ? Trois à tout casser. Et encore. Des exemples d’histoire du programme de terminale et de littérature lycéenne m’ont largement suffi et ils te suffiront pour peu que tu les traites avec respect, passion et attention, oui, comme des Pokémon.

Bien sûr si tu peux expliquer le mythe de la caverne, c’est mieux, mais dans tous les cas privilégie toujours l’exemple que tu maîtrises le mieux.

Il vaut mieux un exemple de film dont tu peux citer le réalisateur et expliquer la mise en scène qu’une vague référence philo écorchée vive.

La rédaction de ta copie te prendra environ 45 minutes par partie, tu verras, une fois le plan fait au brouillon (où tu auras scrupuleusement noté les exemples que tu as prévu), tout ira très vite et tu n’auras pas peur d’avoir une panne d’inspi en plein milieu de l’épreuve et à la place tu pourras prendre ton petit goûter.

Bac de philo 2017 — Les clés d’une bonne conclusion

La conclusion est un exercice purement rhétorique.

Tu reprendras ta problématique (et non pas ton sujet) et tu montreras étape par étape comment tu as fait pour résoudre ta question, à laquelle tu apporteras soit une réponse définitive (OUI l’argent fait le bonheur, ou non) ou bien tu avoueras ton aporie, comme Socrate : c’est-à-dire que tu es arrivé•e à un noeud impossible à résoudre malgré tes tentatives dans la dernière partie.

Pas la peine de faire genre « Olala j’ai pas vu la difficulté elle n’existe paaas » : reconnais-la et reconnais ne pas en venir à bout, ce sera bien mieux vu qu’une omission qui ne trompe personne.

Si tu suis avec rigueur cette structure, que tu espaces bien tes paragraphes (un par sous-partie) et tes sauts de lignes (une entre chaque partie, intro et conclu) alors je peux te garantir fermement que tu auras une bonne note, ou en tout cas nettement meilleure que d’habitude.

Trop de copies de terminale sont d’immondes fouillis frémissant de lieux communs avec en plus un petit ton blasé d’ado qui sait pas pourquoi il est là mais qui sait tout mieux que tout le monde quand même. Ordonnée et construite, ta copie sortira automatiquement du lot.

Allez, bon courage et surtout souvenez vous que la seule vérité absolue en philosophie c’est « Je sais que je ne sais pas » !

Toi à la sortie du bac philo.

À lire aussi : Ces anecdotes qui vont te faire aimer la philosophie

Etudes, jobs & métiers
BaccalauréatConseilsPhilosophie

Leave a Comment

(0 Comments)

Your email address will not be published. Required fields are marked *